distance : 22 km - dénivelé : 545 m

 

carte du parcours

Notre tour du lac de Madine commence au village de Nonsard, dans le département de la Meuse, en frontière avec la Meurthe et Moselle.

C'est un village tranquille, peu affecté par la base de loisirs toute proche que constitue le lac.

Le village de Nonsard, dans le mouvement des fusions qui a regroupé plusieurs communes meusiennes dans les années 1970, a été rattaché en 1973 à Heudicourt sous les Côtes, où nous passerons en fin de journée; les 2 villages sont devenus Madine; mais en 1983 Nonsard est rétabli et devient Nonsard Lamarche par sa fusion association avec le village de Lamarche en Woëvre.

 

départ par la digue de Marmont

Nous sommes dans la Woëvre.

La Woëvre est une plaine marécageuse et forestière délimitée à l'ouest par les côtes de Meuse et à l'est par le revers des côtes de Moselle.

Elle repose sur des couches d'argiles pouvant atteindre 100 mètres d'épaisseur.

Les oiseaux migrateurs en ont fait une étape fidèle dans leur passage, notamment les grues cendrées.

La physionomie actuelle de la Woëvre, comme celle d'autres lieux, est le fruit du travail des hommes : du 12e au 16e siècles des chenaux et des étangs piscicoles ont été aménagés par les moines, permettant son assèchement.

 

le lac de Madine partiellement gelé

Nous allons effectuer un tour élargi du lac dans le sens horaire.

Le lac de Madine, d'une superficie de 1100 hectares, est bien plus récent; ce lac artificiel a été mis en service en 1965; il retient les eaux de la rivière Madine.

Premier lac de Lorraine par sa superficie et deuxième derrière le lac de Pierre Percée pour son volume d'eau contenue, il est situé principalement eu Meuse, débordant sur la Meurthe et Moselle; placé au coeur du Parc Naturel Régional de Lorraine, il est entouré d'une belle forêt de 250ha.

Le lac est protégé par le Conservatoire du littoral depuis 1985, il entre dans le cadre de la Loi littoral de 1986 (sa superficie étant supérieure à 1000ha); il est réserve nationale de chasse et de faune sauvage depuis 1998 (sur 1735ha avec l'étang de Pannes); c'est un site Natura 2000, une zone de protection spéciale depuis 2003 et une zone spéciale de conservation depuis 2008 ...

Le lac compte deux iles : la plus petite, l'île Verte, dans la partie Nord du lac, et la plus grande, l'île du Bois-Gérard, au milieu du lac, culminant à 237 mètres d'altitude.

Par cette froide journée d'hiver, le lac est partiellement gelé. Quelques oiseaux s'ébattent au loin, indifférents à notre passage.

 

vue sur le lac

Le lac de Madine est une réserve d'eau potable pour l'agglomération de Metz.

La retenue de Nonsard permet de régulariser le régime du Rupt de Mad par stockage des eaux pendant les périodes de pluie et restitution pendant les périodes sèches.

Une conduite d'eau brute amène les eaux prélevées dans la retenue d'Arnaville, jusqu'à la station de traitement de Moulins les Metz.

Le plan d'eau avait d'abord été fixé à la cote 224,50 NGF correspondant à une capacité de 12 millions de m3, puis la cote a été fixée à 227,50 NGF, correspondant à une capacité de stockage de 35 millions de m3 pour une superficie de 1100 hectares, ce qui permettait aussi une meilleure exploitation touristique du site.

L'ouvrage comprend deux digues en argiles compactées couvertes de rochers : la digue de Marmont, de 1600 mètres de long, au sud de Nonsard, par laquelle nous commencerons notre randonnée, et la digue des Chevaliers, au nord de Nonsard, de 1500 mètres de long, par laquelle nous la finirons.

Un déversoir de crue est implanté sur la digue de Marmont; il peut évacuer un débit de crue de 75 m3/s.

Le dispositif est complété par un poste de restitution, également implanté sur la digue de Marmont, et comprenant 2 vannes de réglage du débit.

Le site essaie d'affirmer sa vocation de base de loisirs et de tourisme dans le nouveau cadre de la  région du Grand Est.

 

vers le village de Montsec

La Madine est le principal affluent du Rupt de Mad et donc un sous affluent de la Moselle.

Longue de 18,8km, la Madine prend sa source dans la forêt de Gobessart, commune de Varnéville, limitrophe de celle de Montsec; elle se dirige tout de suite vers le nord est, traverse l'étang de la Perche puis le lac de Madine, et se jette dans le Rupt de Mad à Bouillonville, après avoir traversé les communes de Montsec, Buxières sous les Côtes, Richecourt, Nonsard Lamarche, et Pannes.

Nous atteignons le village de Montsec.

Les plus ... courageux du groupe vont monter la butte de Montsec.

 

le monument de Montsec

Au sommet d'une colline isolée par l'érosion et culminant à 377 mètres d'altitude, les Américains ont élevé un monument pour commémorer l'offensive du 12 au16 septembre 1918, qui leur a permis de réduire le saillant de Saint Mihiel et de faire 15000 prisonniers.

Le monument a été érigé en 1932, en pierre d'Euville, sur les plans d'un architecte américain,  Egerton Swartwout.

C'est une rotonde à colonnade de style néo classique; au centre des 16 colonnes du monument, une carte en bronze illustre le champ de bataille et sert de table d'orientation.

Pendant la seconde guerre mondiale, le site a été occupé par l'armée allemande, et légèrement endommagé lors de l'offensive aérienne qui permit aux Alliés de reprendre cette position.

Le site a été classé monument historique en 1975.

 

la bataille du Saillant de Saint Mihiel

Le monument a été construit par l'American Battle Monuments Commission, ou Commission des Monuments Américains de Bataille, qui continue de l'entretenir.

Cette agence américaine est chargée de l'entretien des monuments et cimetières militaires américains situés sur ou hors du territoire des Etats Unis.

Elle a été fondée en 1923 par le congrès américain, pour conserver la mémoire des forces militaires américaines là elles servirent depuis le 6 avril 1917, date de l'entrée en guerre des Etats Unis dans la première Guerre Mondiale.

Le cimetière américain du Saillant de Saint Mihiel, sur la commune de Thiaucourt Regniéville, est le lieu d'inhumation de 4158 soldats américains morts pendant les combats; un mémorial présente sur deux murs la liste de 284 soldats américains qui n'ont jamais été retrouvés

Le blason de Montsec représente le monument ... mais il n'a bien sûr rien de moyenâgeux : il n'a été adopté qu'en 2013!

 

le village de Buxières sous les Côtes

Nous redescendons par le même chemin pour aller rejoindre nos camarades qui nous attendent au lavoir de Buxières sous les Côtes pour le casse croûte de midi.

La commune comprend également les villages de Buxerulles et de Woinville, situés plus au sud, Woinville étant le village le plus méridional; la fusion entre les 3 communes date de 1973.

Le village est cité dès le début du 8e siècle; les habitants cultivaient le buis, d'où le nom du village; ils tiraient quelques revenus de la vente des objets en buis qu'il fabriquaient : ustensiles de cuisine, jeux de boules et de quilles ...

En 1922 Buxières devient Buxières sous les Côtes pour se distinguer des autres villages portant le même nom.

La commune possède 2 lieux particuliers : la Dame Schöne, ou Damechonne, Belle Dame, est un menhir situé sur le plateau, en pleine forêt, auquel nous avons déjà eu l'occasion de rendre visite.

Quant à l'autre lieu, nous allons y passer, après une montée dans le bois des côtes de Meuse.

 

l'arrivée à la chapelle de Bures

Après une grimpette d'une centaine de mètres - de dénivelé - dans les bois, nous arrivons par le plateau à la chapelle des Bures, un lieu de pause traditionnel pour les marcheurs et les vététistes.

La chapelle a été construire en 1890 sur le promontoire de la côte des Bures, à 372 mètres d'altitude.

Les bures sont les feux de joie qu’on allumait jadis sur les lieux élevés, à la Saint Jean d’été et au dimanche dit des Bures.

La fête des Bures semble avoir été célébrée dans les villages lorrains, comme liée à la tradition du Carnaval, à la période de l'équinoxe de printemps, et aussi au passage des jeunes, garçons et filles vers l'âge adulte.

 

la chapelle de Bures

C'est un sculpteur de Saint Mihiel, Chenin Bichet, qui fut chargé de construire cette chapelle de style néo gothique, grâce à la générosité d'une famille pieuse.

La chapelle est surmontée d'une statue de la vierge Marie, de 3 mètres de haut; sous la statue figure l’inscription en latin d'une invocation à Marie : "Sub tuum refugium confugimus" pouvant être traduite par "Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions".

Le blason de Buxières sous les Côtes contient la représentation de la chapelle.

 

la descente de la Crioche

Nous redescendons dans la plaine par la côte de la Crioche.

Heudicourt a une large rue principale contrastant avec les rues de certains villages sous les Côtes, paraissant blotties sous la pente.

L'église Saint Germain d'Auxerre, construite en 1777, et détruite pendant la première Guerre Mondiale, a été reconstruite à l'identique dans les années 1920.

 

le gayoir d'Heudicourt

A l'entrée du village nous ne pouvons pas manquer de voir le gayoir, rénové en 1991.

Cet ouvrage en pierre de taille permettait d'abreuver les bœufs et les chevaux de trait, de leur rafraichir les pattes et de laver les attelages et les charrettes au retour des champs.

L'eau provient du captage de la source de la Pilotte située sur le coteau.

Les gayoirs, ou guéoirs, ou égayoir, sont des ouvrages relativement fréquents en Lorraine, mais celui ci est très bien conservé.

 

le retour par la digue des Chevaliers

Nous revenons à Nonsard par la digue des Chevaliers.