distance : 23 km - dénivelé : 290 m

 

 

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La date de cette randonnée a été minutieusement choisie pour nous faire apprécier le plaisir des vergers en fleurs sur les coteaux des côtes de Meuse, en bord de plaine de la Woëvre, entre Hattonville, au sud est, et Hannonville sous les Côtes, au nord ouest.

La matinée sera forestière et avec dénivelés; l'après midi, le terrain, plus plat, nous fera revenir par la plaine.

Nous partons d'HATTONVILLE.

Cette ancienne commune autonome fait partie de la commune de Vigneulles les Hattonchâtel, commune ayant fusionné en 1973 avec celles de Billy sous les Côtes, Creuë, Hattonchâtel, Hattonville, Saint Benoit en Woëvre et Viéville sous les Côtes; la commune issue de la fusion s'étend ainsi sur plus de 6000 hectares pour une population de plus de 1500 habitants, en hausse faible mais régulière depuis la fusion.

Comme Hattonchâtel, Hattonville doit son nom à Hatton, évêque de Verdun.

 

 

 

vergers en fleurs

 

Malgré les pluies et les gelées récentes, les mirabelliers et les cerisiers sont encore en fleur.

La mirabelle est le fruit emblématique de la Lorraine, qui fournit, avec environ 15.000 tonnes par an, 80% de la production mondiale.

Le mirabellier est une variété de prunier. On le trouve principalement en Lorraine, et également en Alsace du Nord, en Haute Saône et jusqu'au Québec.

La mirabelle lorraine est cultivée sur les côtes de Meuse, mais aussi dans le Saintois et sur les côtes de Moselle.

Il existe 2 variétés principales de mirabelles : la mirabelle de Metz et la mirabelle de Nancy, la mirabelle de Nancy étant plus grosse que celle de Metz.

La récolte a lieu de mi août à mi septembre.

D'autre variétés existent, dont une mirabelle précoce, à maturité en juillet.

Certaines productions de mirabelles de Lorraine font l'objet d'une IGP (Indication Géographique Protégée) sous l’appellation protégée "Mirabelle de Lorraine".

La mirabelle a été le premier fruit à recevoir l'IGP, en 1996.

 

 

vergers en fleurs

 

La filière Mirabelles de Lorraine compte 250 producteurs.

25% de la production est consommée en fruits frais, 10% est transformée en eau de vie et en liqueur de mirabelle, le reste est diversement transformé en confitures, fruits au sirop, etc.

Le nom "mirabelle", parmi plusieurs origines possibles, pourrait avoir une origine latin, mirabilis,  belle à voir.

En fait ce nom viendrait du village provençal de Mirabel, l'appellation prune de mirabel étant attestée en 1649; le toponyme occitan mirabel, ou mirabeau, signifiant "regarde" (mira) "ce qui est beau" (bel)

 

 

lavoir de Viéville sous les Côtes

 

Une petite halte nous permet d'admirer le lavoir de Viéville sous les Côtes.

VIEVILLE SOUS LES COTES s'appelait Veteri villa, vieux domaine, en 1206, le village dépendait de la seigneurie d'Hattonchâtel, à l'histoire de laquelle il est lié.

Le lavoir est équipé d'un gayoir, ou égayoir, endroit où l'on menait baigner les chevaux.

 

 

cimetière allemand de Viéville sous les Côtes

 

Pendant la première guerre mondiale Viéville sous les Côtes était en position de troisième front et les soldats allemands venaient s'y reposer avant de repartir au combat; des traces de l'occupation allemande sont encore visibles.

 

 

coteau en fleurs

 

L'essor de la production de mirabelles a essayé de compenser le déclin de la viticulture en Lorraine à la fin du 19e siècle, l'alcool de mirabelle tentant de pallier à la baisse de fourniture de vin.

Des fêtes de la mirabelle sont organisées en Lorraine depuis le Moyen Age; elles ont lieu fin août.

Le dernier samedi du mois d'août a lieu le raid de la Mirabelle, sous les côtes de Meuse et
au bord du Lac de Madine, comprenant 10 épreuves ... pas seulement sportives, puisque l'une d'elles est la dégustation de produits du terroir.

Nous passons rapidement à BILLY SOUS LES COTES

Après le village nous montons la pente vers le bois, par la Vau, vers le Bois d'en Haut, et le bois de Saint Maurice

 

 

dans le bois de Saint Maurice

 

Nous nous enfonçons dans la forêt, sur le plateau calcaire, montant au lieudit Les Terres Blanches, à 403 mètres d'altitude, avant de redescendre dans la plaine.

 

 

descente vers Thillot

 

Nous descendons vers le village de THILLOT par l'espace naturel sensible de la pelouse calcaire de la Côte Chandelle.

Nous nous installons dans le lavoir, lieu d'accueil traditionnel pour le randonneur, même aujourd'hui, où il fait soleil et ne pleut pas

Plus de 250 lavoirs ont été répertoriés en Meuse, de qui laisse la perspective d'un nombre important de casse croute !

 

 

dans les vergers sous un ciel de lourds nuages

 

Nous nous dirigeons vers Hannonville sous les Côtes, à la pointe nord ouest de notre parcours; l'orage qui menace donne de jolies lumières au paysage.

 

 

arrivée sur Hannonville sous les Côtes

 

HANNONVILLE SOUS LES COTES est encore un nom d'origine germanique : Hunonis villa :la villa d'Huno

site d'un écomusée, le musée des arts et des traditions rurales, établi dans une maison de vignerons : C'est ici que s'est exilé, en 1787, Charles Alexandre de Calonne, contrôleur général des Finances de Louis 16 de 1783 à 1787; on lui doit la tranchée de Calonne, qui aurait permis l'accès direct à un château qu'il avait acquis en 1770.

La tranchée de Calonne est une route forestière (RD331) reliant Hattonchâtel à Verdun sur plus de 25 kilomètres

Pendant la première guerre mondiale elle fut l'enjeu de combats acharnés; Maurice Genevoix la cite dans ses mémoires de guerre

 

 

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Finie la forêt; nous prenons une portion de l'ancienne voie ferrée du Tacot, puis la longeons, plus au nord.

Nous passons passons sur le territoire de la commune de Saint Maurice Sous les Côtes, au large d'Avillers Sainte Croix, nommé Esvillare en 1049, du latin villare, ferme, village ancien fief des évêques de Verdun où aurait existé un établissement de Templiers.

 

 

 

étang près de la ferme Saint Louis

 

Notre parcours nous conduit par de bons chemins jusqu'au lieudit Les Terres Noires - nous ne sommes plus sur le plateau calcaire -, où nous prenons une petite route jusqu'à l'étang situé à l'ouest de la ferme Saint Louis; nous n'avons plus qu'à mettre le cap au sud.

 

 

champs de colza avant Hattonville

 

Nous avons vu les vergers en fleurs, certes plus des cerisiers que des mirabelliers ...

Nous revenons à Hannonville sous les Côtes par les champs de colza.

Nous avions craint que les mirabelliers et les cerisiers n'aient plus leurs jolies fleurs blanches, mais, en cette fin d'avril, alors que le muguet n'est pas encore éclos, ils nous ont attendus !