Distance :14km - Dénivelé : 392m

 

 

Nous partons du parking du Musée des Mines de Fer de NEUFCHEF. Le parcours, principalement en sous bois,  nous permet de traverser la ville avant de rejoindre le Musée dont une visite groupée est prévue après le repas pris sur les bancs du site.

La ville de Neufchef se situe dans le département de la Moselle, au sud ouest d'Hayange, sur un plateau au dessus de la vallée de la Fensch, un affluent en rive gauche de la Moselle, de 15 km de long, dans la faille géologique d'Hayange.

L’origine de Neufchef remonte à l’époque gallo-romaine.

Sur le site ont été découverts des restes de bas fourneaux qui dateraient de la période franque.

Neufchef se situe au cœur du bassin ferrifère lorrain. L'exploitation du minerai de fer et son traitement remonterait donc à cette époque.

La première mention du village de Neufchef date de 1183. Neufchef était un village du duché de Bar; il devient français en 1766, quand le duché de Bar est rattaché à la France.

L'activité minière a transformé le village. Les de Wendel, propriétaires de la mine d’Hayange, aident à la construction des premières cités. Mais à partir des années 1970, la sidérurgie lorraine amorce son déclin, Usinor Sacilor commence à fermer les mines.

 

 

la chapelle Sainte Neige

 

Jadis avait lieu à Hamévillers un pèlerinage destiné à guérir les enfants atteints de la gourme (affection de la peau) grâce à une source miraculeuse, désormais tarie; on priait à cette occasion la statue de Notre Dame des Neiges, qui se trouvait ici depuis la fondation d'un couvent des Prémontrés dans le vallon, au 15e siècle.

La chapelle Sainte Neige date du 19e siècle.

 

 

 

la statue de Notre Dame des Neiges

 

Notre Dame des Neiges est une vieille connaissance : nous l'avons rencontrée en Ardèche à l'abbaye de moines cisterciens trappistes fondée en 1850 où a séjourné le père Charles de Foucault, ... et en Corse sa statue est érigée à proximité des célèbres aiguilles de Bavella, où elle fait l'objet d'un pèlerinage annuel.

 

 

 

dans le bois

 

Les chemins sont secs, mais jonchés de petites branches, qui s'obstinent à nous faire des croche pied.

 

 

 

lavoir à l'écart du village

 

Pas de village traversée pendant cette boucle.

Un lavoir isolé attend d'improbables lavandières. Le fond est légèrement ensablé; la toiture n'est pas d'époque. Mais le vallon est charmant sous le soleil.

 

 

l'ail des ours en sous bois

 

Le bois où nous marchons est couvert d'un tapis d'ail des ours, également appelé ail sauvage.

Cette plante aime l'ombre et la fraicheur. Généralement, les feuilles apparaissent dès février mars, les fleurs d'avril à juin. La période de récolte s'achève avec les premières fleurs.

Ses fleurs blanches n'ont pas encore fleuri, mais déjà se dégage par endroits une forte odeur d'ail. L'odeur et le goût de l'ail seraient dissuasifs pour les herbivores.

L'ail des ours était jadis considéré comme une plante magique; quelques feuilles portées par une femme enceinte étaient supposées protéger l'enfant à naitre.

 

On peut manger son bulbe et ses feuilles comme légume ou condiment : en soupe, en pesto, cuit comme des épinards, en accompagnement des viandes, en assaisonnement dans les salades, dans les yaourts, en tarte, en tisane ...

C'est une plante médicinale aux vertus reconnues, riche en vitamine C et en huiles essentielles et aux propriétés amaigrissantes. Le vin d'ail des ours est recommandé notamment contre les troubles respiratoires.

 

L'aspect de l'ail des ours le rapproche du muguet ou du colchique, qui sont des plantes toxiques, mais l'odeur doit éviter toute confusion. Les feuilles d'arum, également toxiques, qui peuvent pousser parmi les plants d'ail des ours, peuvent aussi lui ressembler.

 

 

 

Neufchef, décoration en trompe l'oeil

 

Nous sommes de retour à Neufchef; sur la place de l'Europe et du Souvenir nous remarquons une façade décorée en trompe l'œil.

 

 

Neufchef, croix de dévotion

 

Neufchef, croix de dévotion

 

Plus loin ce sont des croix de dévotion qui bordent la rue :

- croix de 1842 érigée en l'honneur de Notre Dame des Neiges,

- autre croix du 19e siècle, représentant sous le dais le Christ en Croix avec la Vierge et Saint Jean.

 

 

le musée de la mine de fer de Neufchef

 

En début d'après midi, nous pouvons parcourir les galeries de la mine, en visite guidée très intéressante, après avoir découvert le musée attenant.

La Lorraine était un pays de mines, mines de fer et mines de charbon.

La mine de Neufchef est dans le bassin ferrifère, qui s'étend à l'ouest d'une ligne Thionville-Metz-Nancy, sur environ 100km de la frontière avec la Belgique et le Luxembourg à Neuves Maisons, sur une largeur de 20 à 30km d'est en ouest.

Le bassin de Nancy, avec 18.000ha, est plutôt secondaire. Le secteur de Briey (Sud et Centre) est caractérisé par des mines à puits; la totalité des chevalements et installations de traitement du minerai a été détruite. Le bassin de Longwy-Thionville (bassin Nord) est celui qui conserve le plus de vestiges.

 

Les premières mines furent des mines à ciel ouvert.

A Neufchef, c'est une mine à flanc de coteau qui était exploitée - alors qu'une autre mine pouvant également être visité, la mine d'Aumetz, plus au nord ouest et près de la frontière luxembourgeoise, était une mine exploitée avec des puits surmontés d'un chevalement.

 

En Lorraine, le minerai de fer appelé minette lorraine avait 2 inconvénients : une faible teneur en fer, de 28% à 34%, et une haute teneur en phosphore, 0,5% à 1%, d'où la tendance progressive des sidérurgistes à la remplacer par du minerai d'outre mer (60% et plus de teneur en fer).

Ainsi le minerai actuellement utilisé aux hauts fourneaux de Pont à Mousson, plus au sud en Meurthe et Moselle, provient du Brésil et a une teneur en fer proche de 80%.

La production de minette lorraine a atteint son pic de production au milieu des années 1970. L'extraction s'est achevée en 1997, la mine des Terres Rouges à Audun le Tiche ayant été la dernière en exploitation.

statue de Sainte Barbe, à l'entrée de la mine

 

Saine Barbe, patronne des mineurs, était fêtée le 4 décembre, jour férié et payé (depuis 1945) pour tous les mineurs.

Sainte Barbe vécut en Turquie et mourut probablement martyr au début du 4e siècle.

Elle est représentée en jeune fille avec une palme, comme ici (ou des plumes de paon); son attribut est une tour, qui a souvent trois fenêtres; quelquefois elle porte une couronne.

Barbe était la fille du roi de Nicodémie, qui avait voulu l'enfermer dans une tour afin que personne ne puisse la voir. Elle se convertit au christianisme et décide de vivre en ermite dans sa tour, où elle fait percer une troisième fenêtre en l'honneur de la Trinité.

Son père la livre au juge, la fait condamner à mort, et prend lui même la place du bourreau. Barbe fut décapitée, mais son père mourut aussitôt après, frappé par la foudre qui le réduit en cendres.

Barbe est la sainte protectrice de tous ceux qui courent dans leur activité un risque de mort subite, en particulier des pompiers ... et des mineurs.

 

 

wagonnets dans la mine de Neufchef

 

La mine de Neufchef permet de voir l'évolution dans le travail de mineur, celui du paysan travaillant en famille avec des outils très rudimentaires, il y a plus de deux siècles, jusqu'au travail intensif des dernières années, avec des machines dont certaines sont restées sur les lieux, d'autres étant exposées devant le musée.

Nous repartons en fin d'après midi après ce voyage dans le passé, un passé encore proche qui a marqué notre terre lorraine.