distance 22km - dénivelé 250m

 

Deux thèmes, la ligne Maginot et le nucléaire, peuvent illustrer cette sortie.

Nous partons d'Hettange Grande; la ville, qui est située au cœur du Pays des Trois Frontières (Luxembourg, Allemagne, France), à 5 kilomètres de la frontière luxembourgeoise, dépendait de l'ancien duché de Luxembourg.

Hettange est connu dans le monde scientifique pour avoir donné son nom au dernier étage du Jurassique inférieur, l'Hettangien (formation il y a 200 millions d'années), ... et dans le monde audiovisuel pour être la ville dont est originaire la journaliste Carole Gaessler.

La ville deux fois millénaire fut une bourgade gallo romaine, une seigneurie, puis un bastion royaliste pendant la Révolution française.

La voie romaine entre Metz (Divodurum) et Trèves (Augusta Treveorum) traversait la cité, qui était un lieu de passage pour les voyageurs et les marchands. Nous aurons l'occasion de la franchir lors de cette randonnée.

Après l'essor industriel du sillon mosellan, le bourg rural s'est transformé en ville minière; beaucoup de ses habitants travaillent à la mine de fer Charles Ferdinand, qui fermera en 1979 après plus de 80 ans d'exploitation; la ville accueille désormais les travailleurs français frontaliers travaillant au Luxembourg.

 

 

ouvrage de la ligne Maginot

 

Nous allons rencontrer plusieurs ouvrages de la ligne Maginot.

La ligne Maginot est une ligne de fortifications construite par la France de 1928 à 1940, sur ses frontières avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie.

Elle tient son nom d'André Maginot, ministre français de la guerre en 1929 - 1930, qui a obtenu le vote de la loi finançant les fortifications.

Elle désigne les seules défenses contre l'Allemagne, la ligne alpine désignant les défenses contre l'Italie; à ces défenses s'ajoutent celles de Corse, de Tunisie (ligne Mareth) et d'Ile de France (ligne Chauvineau). Le pendant allemand est la ligne Siegfried.

La ligne Maginot n'a pas été conçue de manière homogène, et de plus n'a pas été réalisée conformément au projet d'origine, pour des raisons budgétaires.

C'est un dispositif complexe qui s'échelonne sur plusieurs niveaux :

- La ligne des avant-postes.

- La « ligne principale de résistance », environ 2 km derrière les avant-postes, s'appuyant sur un barrage de tirs de mitrailleuses.

- Les abris d'intervalles (casemates d'infanterie, ou casemates d'intervalle) destinés à assurer le soutien des troupes combattantes à l'air libre.

- L'arrière du front, comprenant les équipements de soutien logistique.

 

 

 

chapelle de Saint Antoine

 

En plein bois, un oratoire tout simple est dédié à Saint Antoine.

Les Saint Antoine sont nombreux ; ce n'est pas Saint Antoine le Grand, ayant vécu au 3e siècle, ermite considéré comme le père des moines.

Non, c'est le bien connu Saint Antoine de Padoue, dans sa représentation traditionnelle : représenté en habit de franciscain, avec un livre et un lys blanc, symbole de la virginité, et tenant l'enfant Jésus.

Né à Lisbonne en 1195, il devient frère franciscain; il a enseigné à Montpellier et Toulouse, où il lutta contre l'hérésie cathare; se consacrant à la prédication, il s'arrête à Padoue, où il meurt à 36 ans.

Ses talents de prédicateur eurent une conséquence étonnante : à sa mort, on lui a coupé la langue pour en faire une relique, qui est toujours actuellement conservée à Padoue.

 

 

 

entrée hommes de l'ouvrage du Kobenbusch

 

L'ouvrage du Kobenbusch est un ouvrage fortifié de la ligne Maginot (indicatif A13) situé sur la commune de Cattenom. Ce gros ouvrage d'artillerie a été construit à partir de 1931.

Situé à 30 mètres sous terre, il a été épargné par les combats de juin 1940, mais il est partiellement inondé.

 

Cet ouvrage était intégré dans la ligne principale de résistance de la ligne Maginot.

Il faisait partie du sous secteur d'Ettange, dans le secteur fortifié (SF) de Thionville.

Le SF de Thionville est le mieux fortifié de toute la ligne, et le seul à avoir été construit selon les plans, beaucoup d'ouvrages ayant subi les conséquences de coupes budgétaires.

Le Kobenbusch est un des 7 gros ouvrages de ce SF, qui comprend en outre 4 petits ouvrages et 17 casemates.

 

L'ouvrage comprend 7 blocs de combat et 2 blocs d'entrée, dont cette entrée des hommes, avec en souterrain des magasins à munitions, une usine comprenant 4 groupes électrogènes, et une caserne, le tout relié par des galeries souterraines.

Son équipage comprenait plus de 500 hommes.

L'ouvrage a été propriété d'EDF jusque 2001; ses dessous sont partiellement noyés en raison de la présence de la centrale nucléaire de Cattenom et du lac artificiel de Mirgenbach.

 

 

 

la centrale de Cattenom, du lac de Mirgenbach

 

 

Nous arrivons au lac de Mirgenbach, d'où la vue est directe sur la centrale nucléaire de Cattenom.

Le centre nucléaire de production électrique (CNPE) de Cattenom est exploité par EDF sur les bords de la Moselle, à 10km de Thionville, à 80km de Trèves et à 35 km de Luxembourg.

La centrale dispose de 4 réacteurs nucléaires à eau pressurisée (REP) d'une puissance de 1300 mégawatts électriques chacun. Cattenom est la 7e centrale au monde en puissance installée, et la 2e centrale de France pour sa production d'électricité (derrière celle de Gravelines), avec 35 TWh produit en 2010 (8 % de la production nationale d'EDF).

La centrale emploie environ 1200 personnes. Pendant les périodes de visite décennale des réacteurs, elle fait appel à près de 1000 personnes supplémentaires.

 

La centrale possède 4 aéroréfrigérants et prélève de l'eau dans la Moselle pour assurer son refroidissement. L'échauffement des eaux de la Moselle en sortie ne doit pas dépasser 1,5 °C.

Lors de la construction de la centrale, EDF a également créé à proximité une retenue d'eau par la construction d'un barrage : le lac artificiel du Mirgenbach.

De plus, un lac d'approvisionnement a été créé en 1985 pour soutenir le cours de la Moselle en cas de sécheresse, par la construction du barrage de Pierre Percée, en bordure du massif des Vosges.

 

La décision d'implantation de la centrale date de 1978 (gouvernement Raymond Barre). Cette décision a été fortement contestée par le Luxembourg. Le chantier des réacteurs de la centrale a duré de 1979 à 1991.

 

 

entrée munitions de l'ouvrage du Kobenbusch

 

Retour à l'ouvrage du Kobenbusch; après l'entrée des hommes, c'est l'autre bloc d'entrée, l'entrée des munitions qui pointe dans les arbres. Il est situé peu après (à l'ouest) l'abri du bois de Cattenom.

Comme les autres ouvrages de la ligne Maginot, le Kobenbusch est un ensemble de blocs (constructions bétonnées) en surface reliés entre eux par des galeries souterraines.

Certains ouvrages peuvent avoir 10km de galeries et être desservis par un train sur voie étroite à traction électrique pour l'acheminement des munitions jusqu'aux blocs de combat. Les entrées des ouvrages sont toujours rejetées très à l'arrière des blocs actifs.

 

 

au pied d'une des cheminées de Cattenom

 

Nous continuons à voir la centrale nucléaire de Cattenom.

Celle ci a été implantée sur le lieu d'un ancien casernement du 168e RI; ce casernement avait en charge la défense des ouvrages de la ligne Maginot situés dans la forêt de Cattenom, dont l'ouvrage du Kobenbusch.

Les bâtiments de la centrale, réalisés par l'architecte Claude Parent, font partie du patrimoine architectural lorrain du 20e siècle.

EDF a l'ambition de faire fonctionner la centrale au delà des 40 ans prévus.

Dès le début des années 1980, la majorité de la population du Luxembourg s'est opposée à la construction du premier réacteur de Cattenom, et fait pression. En 2012, le Parlement luxembourgeois a adopté à l'unanimité une motion exigeant "le renforcement de l'action gouvernementale en vue de [sa] fermeture définitive".

EDF considère sa centrale comme sûre et robuste, mais a proposé des équipements complémentaires suite à l'accident de Fukushima.

 

Nous revenons ensuite tranquillement à Hettange Grande.