Distance 19 km - Dénivelé 300 m

 

carte Eparges bis

 

Le Centenaire du début de la première guerre mondiale est l'occasion de visiter ou revisiter plusieurs lieux emblématiques de la Grande Guerre.

Le site des Eparges (du nom du village situé à proximité, un peu plus à l'ouest) est le premier où nous allons randonner. Maurice Genevoix y a combattu. Alain Fournier, écrivain prometteur, y a trouvé la mort; il restera l'auteur d'un seul livre, Le Grand Maulnes.

Les combats ayant eu lieu aux Eparges font partie de la bataille du Saillant de Saint Mihiel.

 

Bataille du Saillant de Saint Mihiel

Pendant la première guerre mondiale la place de Saint Mihiel est au cœur d'un saillant dans les lignes françaises, le "saillant de Saint Mihiel".

La prise de Verdun est un objectif majeur de l'armée allemande, qui essaie d'encercler les Français.

Une première attaque au sud est par Pont à Mousson est sans effet (combats du Bois le Prêtre).

Deux autres attaques permettent de prendre Saint Mihiel; mais la résistance du fort de Troyon, en septembre 1914, sauve Verdun d'être pris en tenaille par les troupes allemandes.

Le front se stabilise alors et s'organise en tranchées; la ligne de front Verdun - Vosges - Belfort est désormais brisée par ce saillant; la position stratégique de celui ci explique les effort déployés par l'état major allemand pour s'y maintenir.

Ce n'est qu'en septembre 1918, et avec l'aide de l'armée américaine, que la zone sera réduite ; 250.000 hommes, dont 216.000 Américains avec le général Pershing, sont jetés dans la bataille par les Alliés. La bataille dure une trentaine d'heures; les lignes allemandes sont enfoncées et le saillant rapidement conquis. Les pertes côté franco américain sont de 7.000 hommes.

En 1932 un monument est édifié sur la butte de Montsec, rendant hommage au courage des troupes américaines.

Le cimetière américain du Saillant de Saint Mihiel se trouver à Thiaucourt.

 

Départ d' Hannonville sous les Côtes.

Premier jour de printemps et chaleur estivale avec plus de 20°C dans l'après midi. La randonnée va nous permettre de monter sur les côtes de Meuse et nous offrir de belles vues sur la plaine de la Woëvre. Nous passerons par plusieurs monuments et lieux évoquant la Grande Guerre.

Nous traversons Herbeuville en longeant les vergers au pied des côtes.

 

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Descente vers Saint Rémy la Calonne et sa nécropole nationale où repose l'auteur du Grand Maulnes. Un jardin littéraire reprend, dans les trois langues, des citations d'auteurs ayant participé à la grande guerre

 

 Monument du 106e RI, dit des Revenants

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 Oeuvre du sculpteur Real del Sarte, qui a lui même combattu aux Eparges, ce monument représente le calvaire enduré par les combattants en ce lieu.

 

 Mémorial du Génie

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En avril 1915, le génie est chargé de creuser des sapes dans les positions allemandes pour y placer des charges explosives souterraines; c'est la guerre des mines.

Le combat est indécis et ne procure aucun gain territorial; sa violence préfigure celui de Verdun en 1916; les pertes sont importants, environ 50.000 hommes dans chaque camp.

Le monument à la gloire du Génie rend hommage aux sapeurs de cette guerre souterraine des Eparges. Erigé en 1963, il comporte sept colonnes, qui symbolisent les corps du Génie : les aérostiers, les artificiers, les chemins de fer, les électromécaniciens, les pontonniers, les sapeurs-mineurs et les télégraphistes.

 

Monument du Coq

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Le monument du Coq est le premier monument érigé sur le site des Eparges, en 1924.

Il est au milieu du site, au point C, à côté d'un grand cratère.

Comme pour les 3 autres monuments du site, il est l'œuvre du sculpteur Lefebvre-Klein, du 132e RI, qui a combattu aux Eparges.

 

Cratère d'explosion de la guerre des mines

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Entre les deux lignes de tranchées ennemies le paysage est ravagé; c'est le no man's land; des corps provenant des précédentes attaques n'ont pu être enlevés.

La guerre en surface s'est prolongée sous terre, en une guerre des mines.

Des galeries ou sapes sont creusées pour faire exploser des mines sous les positions adverses.

Les explosions forment des entonnoirs, des cratères, encore bien visibles actuellement.

 

Les sapes

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Sur le croquis une nouvelle attaque se prépare; les Français creusent une galerie vers la tranchée adverse pour la faire sauter avec des mines.

Dans chaque camp on surveillait le travail de sape de l'ennemi, et des contre mines ou camouflets sont creusés.

La guerre de sape a été possible par la nature statique du combat. Les mines pouvaient contenir plusieurs dizaines de tonnes d'explosif.

A Vauquois, à 25 kilomètres à l'ouest de Verdun, une mine a formé un cratère de plus de 25 mètres de profondeur et plus 100 mètres de large; lors de cette bataille plus de 500 explosions souterraines se sont produites, utilisant plus de 1.000 tonnes d'explosifs.

 

Point X

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Les Allemands se sont installés sur la crête des Eparges dès l'automne 1914; ce promontoire permet de dominer la plaine de la Woëvre, au sud de Verdun.

Pour réduire le saillant de Saint Mihiel, les Français s'efforcent de reprendre ce site stratégique en février 1915; ils récupèrent la partie Ouest du site, le point C, mais la crête Est, le point X, reste allemand, malgré plusieurs attaques successives qui se soldent par de lourdes pertes.

 

Abri du Kronprinz

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Abri du Kronprinz aux Eparges. Plusieurs abris portent ce nom, sans que le prince héritier de la couronne n'y ait nécessairement séjourné.

 

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Nous faisons une pause dans le dernier village traversé.

Plusieurs d'entre nous ne connaissaient pas ce sombre épisode de la guerre des mines.

Aux Eparges comme ailleurs, la nature semble avoir repris ses droits.

Pourtant un siècle après, dans ce calme paysage, la fureur des combats est encore terriblement visible.